Histoire de guiche


Histoire de guiche

 

 

 

XIe siècle (1000-1099)

C'est au royaume de Pampelune (Sanche Le Grand est roi de Navarre), qu'est rattachée la seigneurie de Guiche. Elle apparaît vers 1080 dans l'apanage de Fort 1er Fortun, vicomte d'Arberoue. Jean Robert indique « Vers 1097, Arnaud Sanche de Cize, seigneur de Guiche, lègue une maison de Guiche à l'abbaye de Sorde et une pommeraie à l'église Sainte Marie de Bayonne. » (J. Robert Bidache p 23 et 25)
L'événement le plus important de ce siècle est la création du vicomté du Labourd, avec Bayonne pour capitale, en 1023. Guiche est rattaché au Labourd à partir de cette date.
Installation des Gramont à Viellenave sur Bidouze.
C'est vers 1040 que « fut édifié, sans doute en bois et en terre, sur le piton rocheux au lieu-dit La Moulary en l'actuelle commune de Viellenave sur Bidouze, le château de Gramont ou d'Agramont » (J. Robert p 19).
Les premières abbayes voisines sont créés : l'abbaye bénédictine de Cagnotte au IXe siècle, celle de Saint Jean de Sorde dans la deuxième moitié du Xe siècle.
C'est le début des défrichements, celui de la mise en culture. Guiche, dans cette période là, a une population d'environ 150 personnes (de l'ordre de 30 familles). (J. Garat p 118 et 238)

XIIe siècle (1100-1199)

C'est le siècle où Bayonne construit sa cathédrale, où sont créées les rues Bourgneuf et Pannecau avec leurs constructions sur pilotis, où voit le jour un premier pont en bois reliant la ville au bourg de Saint Esprit.
Plus près de nous, en 1167, est créée l'abbaye d'Arthous.
(J. Garat p154 et 117) Le cartulaire de l'abbaye Saint Jean de Sorde nous livre de précieuses indications par l'intermédiaire d'un acte où Comdet de Miremont (entre 1150 et 1167) donne à l'abbaye le casal de Hiriart et ses produits.
Le 29 juin 1167, G. Bernard, abbé de Sorde, reçoit le quart de l'église de Guiche. (JF Martin p 238) Document extrait du cartulaire de Sorde (Comdet de Miremont)

Les principaux seigneurs du village au XIe siècle sont Arnaud Sanche (jusqu'en 1135), Bonet II dit d'Ahaxe qui devient seigneur de Guiche et Ahaxe (1135-1168), Bonet III (1168-1185), puis Guillaume Arnaud à partir de 1185. (J. Garat p 16 et 17) Récit du duel de Arnaud Sanche (vers 1110) pour venger son frère, au château d'Aspremont à Peyrehorade.

C'est dans une galupe que Ramon-Arnaud vint à Guiche voir sa soeur, à la recherche d'un lieu constructible. Jean Garat indique « Cette prospection fut effectuée par bateau jusqu'à Came où la dame de Guiche lui proposa un domaine où fut construite une maison, ce que les Béarnais ne tolérèrent pas, démolissant la construction à trois reprises arguant qu'elle se trouvait en territoire béarnais ». Finalement Gaston le Bon, vicomte de Béarn, donna l'autorisation de bâtir le village. (J. Garat p 17 et 424) et (J. Robert p 20-21)

XIIIe siècle (1200-1299)

Le royaume de Navarre perd les provinces du Guipuzcoa et de la Bizcaye, du même coup il est privé de port dans la région de Saint Sébastien.
En 1250 les navarrais obtiennent un droit de transit par Bayonne : Guiche est sur le trajet, le château assure le contrôle de l'Adour et de la Bidouze. Celui de Bidache a été construit vers 1215. (J. Garat p 17 et 18).
Le château est brûlé en 1257 par les Bayonnais.
Précédemment, une lettre close datée du 6 juin 1255 envoyée par le prince Edouard (Guiche est dans la mouvance du roi d'Angleterre, Henri III), ordonne à Guillaume Arnaud (Seigneur de Guiche) de livrer son château à Guilhem-Arnaud de Tardets, bayle du Labourd (J. Robert p 25) et (J. Garat p 17).
Ne Maria de Guissen et En Symon de Guissen sont cités en 1266 sur le livre d'or de Bayonne où sont mentionnés les cens dus à l'église Sainte Marie de Bayonne. Egalement en 1275 sont cités Na Génèse de Bédorède, dame de Guissen et N. Arnaudat son fils, seigneur de Guissen. (J. Garat p 97 et 104).
Guissen est l'ancienne orthographe de « Guiche ».

Une nasse ou pêcherie installée sur l'Adour dans le courant du siècle entrave la navigation des Bayonnais. Ceux-ci protestent contre sa présence en 1295 (J. Robert p 25) et (J. Garat p 23).
En savoir plus sur la nasse de Saubagnac

XIVe siècle (1300-1399)

Hastingues, village voisin, est créé en 1304. La forteresse, construite par John de Hastings (sénéchal et lieutenant du roi d'Angleterre Édouard II) bénéficie d'un péage situé près du port actuel.
Cette première forteresse est détruite en 1377 par les Bayonnais. (J. Garat p 29, 117, 434 et 445)

Le 10 mars 1340 les habitants de Guiche reconnaissent Pierre d'Albret comme leur nouveau seigneur. Ils se sont réunis dans le verger devant le château.
Ce jour là est établi un document de première importance pour l'histoire locale où figurent les noms de 69 maisons (soit une population d'environ 300 personnes).
Liste des maisons en 1340

Un traité de paix est signé entre les Albret et les Gramont le 28 juin 1348. Ce traité touche les communautés de Guiche, Oeyregave, Gosse, Seignanx, Maremne derrière leur Seigneur Pierre d'Albret et les habitants de Bidache, Bergouey, Bardos rattachés à Arnaud-Guilhem de Gramont.
Comme l'indique Jean Robert « les Gramont virent assez mal l'installation des Albret à leur porte et de sanglants démêlés s'engagèrent entre les deux lignées et leurs sujets ».
Un des litiges portait sur l'usage des zones de libre parcours (terres communes où les habitants avaient le droit de faire pacager les troupeaux), en particulier dans la plaine de Haches.
C'est en août 1351 qu'intervient le partage de la barthe de Haches entre les communes de Sames et de Guiche.
C'est également dans cette même année que sévit la peste noire ou peste bubonique qui décima les populations. (J. Garat p 26 et 249) (J. Robert p 26/27).

Atelier monétaire à Guiche Plusieurs sources semblent indiquer que l'on a battu monnaie à Guiche, pour le compte du roi d'Angleterre.
L'historien Foltzer fait la description d'un denier de Guissen « Eduardus Rex - Léopard à gauche entre deux traits. Au dessus et au dessous une croisette.R. Aquitaine Dux - Croix cantonnée d'un G du troisième ».
En 1377 Jean de Gand, Gouverneur de Guienne, reçoit le droit de battre monnaie castillane à Bayonne et au château de Guissen. (J. Garat p 40) et (A. Bareigts p 13)

Reconstruction du château C'est le premier décembre 1351 que le roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, autorise Pierre d'Albret, seigneur de Guiche, à reconstruire le château. (J. Garat p 99) (J. Robert p 27)

XVe siècle (1400-1499)

Le château est reconstruit, les Beaumont le détiennent.
Charles de Beaumont régne au début de ce siècle, son fils Louis II de Beaumont à partir de 1432. Le roi Henri IV d'Angleterre, en remerciement des services rendus, érige en comté la seigneurie de Guiche le 18 août 1444. (J. Garat p 28) (J. Robert p 27)
La bataille de Hache a lieu à la mi décembre 1449. Gaston IV de Foix-Béarn, rallié au roi de France Charles VII, attaque le château de Guiche où se trouve en garnison de près de 800 hommes dont 200 cavaliers.
Jehan Peritz de Dona Maria, capitaine navarrais en charge de défendre le château, fait appel à des renforts estimés entre 1600 et 4000 hommes.
L'assaut a lieu le 15 décembre 1449 avant le lever du jour.
Les pertes sont sévères, 1200 noyés dans l'Adour, 300 morts au cours des combats, 900 "pro-anglais" faits prisonniers.
L'acte de capitulation est signé le jour même, Guiche se trouve désormais sous la tutelle du roi de France (J. Garat p 28 à 33).
Nouvelle attaque du château en 1494, qui capitula immédiatement devant des forces nettement plus importantes.
Les Albret sont de retour à Guiche, Alain le Grand, trisaïeul du futur roi Henri IV de France, reçoit le 22 octobre 1494 un acte de reconnaissance de la population.
Il est rédigé par Auger de Capainhère, seigneur de l'abbaye laïque de Labadie et notaire, en présence de 71 représentants de la communauté.
Ce document nous renseigne une nouvelle fois sur le nom des maisons existantes à ce moment là.
Guiche a une population estimée à environ 350 personnes. (J. Garat p 36, 37, 38, 120) (J. Robert p 28)

XVIe siècle (1500-1599)

Les Gramont deviennent seigneurs de Guiche à partir de 1534 Claire de Gramont pris possession de Guiche en 1534. Le roi de France Charles IX érigea Guiche en comté en décembre 1563.
Ce comté comprenait également les paroisses de Bardos, Urt, Sames, Came, Saint Pé-de-Léren, et Briscous.
(J. Garat p 42) (J. Robert p 28)
Ce siècle est marqué par les terribles guerres de religion.
C'est aussi de grands projets qui aboutissent, en particulier la déviation du cours de l'Adour avec le percement de l'ouverture au Boucau le 28 octobre 1578. Henri IV le 15 novembre 1599 ordonne l'assèchement des marais français.
C'est à cette époque que commencent les travaux d'assainissement de nos barthes et la construction des maisons situées le long de l'Adour. (J. Garat p 43, 121, 297 et 342)
Philibert de Gramont et Diane d'Andoins dite « Corisande d'Andoins »
Château de Bidache


Philibert de Gramont, futur comte de Guiche, naquit au château de Bidache le 22 août 1552. De son côté, Diane d'Andoins, naquit au château d'Hagetmau vers l'automne 1554.
Émancipée à l'âge de 12 ans, elle signe son contrat de mariage le 16 août 1567 au château de Pau, sous la présidence de Jeanne d'Albret, mère du futur roi Henri IV.
Il est prévu dans ce contrat que si les époux souhaitent un jour se retirer de la compagnie de M. et de Mme de Gramont, le château de Guiche, « meublé et en bon ordre » leur sera cédé avec un revenu de 4000 livres de rente.
Le mariage fut célébré en grande pompe, au château de Bidache, un an plus tard le 21 novembre 1568.
Philibert de Gramont, blessé à la bataille de La Fère, meurt quelques jours plus tard, en août 1580.
(R. Ritter - Corisande d'Andoins)

Corisande d'Andoins, égérie d'Henri IV
Corisande, veuve à l'âge de 26 ans, est amie avec Michel de Montaigne. Dans «Ses Essais », celui-ci dédicace et insère 29 sonnets de La Boétie à l'attention de la comtesse de Guissen, qu'il appelle « cette grande Corisande ».
Mais l'histoire retiendra essentiellement la longue liaison de Corisande avec Henri IV.
Elle fut très mouvementée ; elle joua auprès de lui un rôle de premier plan. Dans ses trajets Bidache / Bayonne Corisande traversa Guiche à plusieurs reprises (la Bidouze et l'Adour étaient les seules voies empruntées à cette époque). (R. Ritter - Corisande d'Andoins)
Voir aussi la sculpture réalisée à la mémoire du village

Le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis passent par Guiche « Dans l'après midi du 12 juillet 1565, venant de Bayonne par eau, sous un soleil torride, Charles IX, Catherine de Médicis et leur suite arrivaient à Bidache où Antoine 1er, déjà fastueux d'inclination, n'avait rien ménagé pour réserver à ses hôtes royaux une réception splendide » (R. Ritter - Bidache p 25)
Château de Bidache

Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV est reçue à Bidache le 13 février 1591 par Corisande, comtesse de Guiche, et se rend à Bayonne le lendemain. Jean Robert relate : « Le lendemain matin, le lieutenant de la ville de Bayonne, deux échevins et deux jurats, allèrent prendre la princesse sur la Bidouze dans une galupe garnie de velours sur laquelle avait été élevé un pavillon richement tapissé.
Cette galupe était remorquée par 4 galions ou barques montées chacune par un conseiller, dix rameurs, deux trompettes et un porte-enseigne, ces derniers vêtus de blanc et d'incarnat, aux couleurs de Catherine.
En débouchant sur l'Adour, après Guiche, la galupe princière rencontra deux autres chaloupes peintes en blanc et rouge où des arquebusiers tiraient des salves en l'honneur de Catherine ». (J. Robert p 142)

XVIIe siècle (1600-1699) Duché de Gramont

Antoine III de Gramont, Maréchal de France sous Louis XIV, est le quatrième comte de Guiche. « Il obtint de Louis XIV, en 1648, des lettres patentes réalisant l'érection définitive en duché prairie du comté de Gramont, auquel étaient annexés le comté de Guiche et les autres seigneuries voisines » (R. Ritter - Bidache p 34).

En décembre 1615 une menace pèse sur Guiche et les villages environnants.
En effet les troupes protestantes du duc de la Force, gouverneur du Béarn et ennemi des Gramont, se sont emparés d'Hastingues.
Le capitaine du château de Guiche reçoit du secours en provenance de la ville de Bayonne : poudre, plomb, artillerie, biscuits ... Guiche fut épargné et Hastingues évacué. (J. Garat p 45, 115) (R. Ritter - Bidache p 33) (J. Robert p 144)

Construction d'un pont en bois sur la Bidouze. C'est dans le courant de ce siècle que sera construit un premier pont en bois qui permettait de franchir la Bidouze au niveau de la maison «Teoulère», à proximité du château.
Ceci malgré l'opposition des Bayonnais qui se sont manifestés à la fin du siècle précédent.
Ce pont, en ruines et dangereux, ne sera plus utilisé à la fin du siècle suivant.
(A. Bareigts p 14) (J. Garat p 446, 451) La culture du mil d'Inde ou milhet d'Inde (maïs) apparaît en 1626 dans les barthes de Guiche, dans l'île de Mirepeix et à Urt.

Citons Jean Robert : « la culture du millet d'Inde en 1626-1627, dans les terres les plus humides du domaine gramontois, est encore peu étendue, peu soignée et d'un maigre rapport, entre 130 et 160 conques annuelles, et encore le receveur, pour cause d'inondation, a retiré le "millet d'Inde tout mouillé et mal mesnagé" » (J. Robert p 53)
Deux églises existent à ce moment là.

D'une part le chapelle située près du château et du presbytère (maison Canton) au quartier de la Bourgade.
D'autre part celle située dans le domaine de Labadie, également entourée d'un cimetière.
En effet l'ajout d'une sacristie en 1696 a lieu après l'achat d'une quinzaine de sépultures.
Le presbytère actuel, situé au bourg, a été construit en 1656. (J. Garat p 189, 191)

XVIIIe siècle (1700-1799)

Guiche demande à ré-intégrer la province du Labourd.
Les communautés d'Urt, de Bardos et de Guiche avaient été démembrées de cette province et appartenaient au duché de Gramont. C'est une requête commune qui est adressée au Bilçar (assemblée de tous les députés du Labourd qui se tenait à Ustaritz) en 1761.
A partir de là ces paroisses relevèrent du Labourd pour toutes les affaires administratives.
En 1789 les habitants de Guiche regrettèrent que l'on envoie à Ustaritz des personnes ne connaissant pas la langue basque et qui « bien souvent se retirent sans savoir rendre compte du résultat du Biltzar » (J. Garat p 77) (J. Robert p 156 )

D'importants travaux sont entrepris au bourg durant ce siècle, il prend peu à peu sa forme actuelle (J. Garat p 176-177, 197 à 201, 208 à 210) : En 1738 l'église reçoit sa première horloge, placée à l'extérieur.

En 1753 est construit un bâtiment en face de Laciceroue, à usage de presbytère, par Jean Miremont vicaire.
Ce bâtiment a fait l'objet d'une expropriation par la commune en 1805, pour être utilisé comme école publique.
Aujourd'hui ce bâtiment abrite la mairie du village.

En 1756 l'église fait l'objet d'importants travaux de réfection.

En 1760 "le pigeonnier", qui semble être une simple toiture posée sur des colonnes en pierre, et qui sert d'abri aux fidèles qui se rendent à l'église, est reconstruit sous la forme qu'on lui connaît de nos jours.

En 1771, au moment de l'installation du nouveau curé Jean Castencau, d'importants travaux de restauration sont réalisés dans le presbytère situé en face de la maison de Chuhenne.

En 1781 le mur du cimetière est rebâti, il est intéressant de noter la présence d'une boulangerie installée à Hiriart Vieux (aujourd'hui Antonin) en face de ce mur.
Cette même année, la place du village est réhabilitée, y sont installés des bancs en cœur de chêne ainsi qu'une grande table "commune".
La maison de Hiriarton est démolie et reconstruite un peu en recul, à l'emplacement actuel.

L'enseignement est dispensé sous le porche de l'église. Jacques Lussan, maître d'école en 1738, reçoit de chaque foyer une modeste somme d'argent et un quarteron de blé d'Inde.
Il est également sonneur de cloches et chantre.

Il doit enseigner à prier Dieu, à lire et à écrire ainsi que l'arithmétique. Il donne des cours de 9h à midi et l'après diner de 1h à 4h. Seulement un garçon est scolarisé en moyenne sur 15 habitants (statistiques dans notre région). (J. Robert p 87, 88)

La carte de Roussel de 1718 nous renseigne sur l'emplacement des maisons. On remarque la présence de 10 d'entre elles dans la barthe, entre Peyroutic et Maribère.

Le terrier de Guiche de 1739 nous donne la consistance des biens : 212 maisons possédent des terres, dont 13 comportent une superficie inférieure ou égale à 1 journée (0.28 a), 91 moins de 4 journées (1.12 h).
En 1761 on dénombre à Guiche 1337 habitants. (J. Garat p 98, 121, 254 à 256) (J. Robert p 149)

Une épidémie d'épizootie décime les troupeaux de bovins en 1774.
Le 27 septembre 1774 une délibération prise par la communauté indique « qu'il est notoire que les habitants sont dans la consternation par l'effet d'une maladie pernicieuse qui vient de faire périr tout le bétail à cornes.

De façon que, outre le petit et le grand commerce du dit bétail qui se faisait sur cette paroisse, est ruiné, on se trouve dans l'impossibilité de faire le charroi et les labourds ordinaires pour la semaison du froment et autres travaux ... ».
Guiche, comme toutes les communes du Labourd est fragilisé, les années qui suivent seront des « années noires ». (J. Garat p 294-295)

1789, la période révolutionnaire Lire le document

La création du canton de Bidache a lieu le 29 janvier 1802 Il intègre la plupart des paroisses de l'ancien duché de Gramont : Sames, Guiche, Bardos, Bidache, Came, Arancou, Bergouey, Viellenave sur Bidouze. (J. Robert p 171)

Napoléon Ier savoure les cerises de Guiche
" Lorsque Napoléon Ier, le 16 mai 1808, déjeuna dans l'île de Bérenx sur l'Adour, en face d'Urt, le fermier de l'île lui servit paraît-il une corbeille de cerises de Guiche particulièrement appréciées par l'Empereur qui demanda qu'on lui en apporta au château de Marracq ". Cette phrase est extraite du livre "Le golfe de Gascogne" écrit en 1880 par J.B Dasconaguerre.

Le même auteur cite les vins blancs et rouge de Guiche ainsi que les cerises, les poires, les pêches et les belles prunes de Guiche et de Sames « savourées par tous les gourmets » (J. Robert p 184).

Le Maréchal Soult donne l'ordre de détruire nos digues en 1813
Nos villages sont menacés par la coalition anglo-ibérique.
C'est le début de la débacle de l'armée française
. Quatre cent anglais sont retranchés dans le château de Lissalde à Urt.
Le maréchal Soult donne l'ordre au général Thouvenot de détruire les digues bordant l'Adour sur la rive gauche "soit en faisant des coupures, soit en brisant les clapets".
Le 16 décembre 1813, quatre chaloupes-canonières, deux trincadoures et une biscayenne, l'ensemble équipé de six pièces d'artillerie, soixante quinze mineurs et cinquante hommes du premier régiment de ligne, interviennent.
Le lendemain après midi vers 3 heures toutes les installations sont démolies d'Urt à la maison Peyroutic à Guiche. (J. Garat p 330)

Dès 1817 le cadastre napoléonien est en place.
La chapelle de la bourgade, en ruines, y figure.
Deux moulins, le moulin Vieux (de Joliberry) et le moulin de Chuhenne (situé près de Moura) sont en activité.
Les barthes de la Bidouze sont cultivées, elles furent les dernières à l'être compte tenu de leur niveau, inférieur au niveau de la mer.

En 1882 on dénombre 3652 parcelles pour une superficie de 2272 ha, soit 62 ares par parcelle.
C'est le siècle où la population atteint son maximum avec 1668 habitants dénombrés en 1841. (J. Garat p 123, 258, 259, 339)

Ce siècle est marqué par de grandes calamités :

En décembre 1829 et janvier 1830 le thermomètre descend de -10° à -15° sur une longue période. L'Adour et la Bidouze étaient en partie gelés, au dégel "de grands glaçons" encombraient les cours d'eaux.
« Le vin a glacé dans la barrique, il est tombé de la neige en très grande quantité, des toits de maison ont écroulé sous son poids » note le maire Lapébie le 15 février 1830.
Une grande épidémie de choléra décime notre population en 1855.
On dénombre 130 morts cette année là, dont 98 pour le seul mois de septembre 1855.

Un incendie détruit la maison noble de Labadie en 1852.
De graves inondations ponctuent le siècle, en 1830, 1856, 1879 et le clôturent en 1899.
(J. Garat p 116, 124, 298, 357) (A. Bareigts p 175 )
Une ville dans les barthes de Haches C'est vers 1830 que Louis Galabert présente son projet de "canal joignant l'Océan à la Méditerranée".
Il dessine une nouvelle ville "la ville Louis Philippe" qu'il situe dans les barthes de Haches, à cheval sur les communes de Sames et de Guiche. D'une superficie de 300 hectares environ, cette ville est entourée de rivières navigables bordées de quais.
L'ensemble est agrémenté par des plantations, 4 fontaines disposées aux carrefours importants, une église, des collèges et salles de spectacle.
Malheureusement ce projet ne fut pas retenu, tous les regards se tournaient vers le développement des chemins de fer. (J. Garat p 418, 419) (J. Robert p 194)

Création de la ligne de chemin de fer Bayonne / Toulouse
C'est le 25 janvier 1864 qu'est inaugurée la ligne de chemin de fer Bayonne / Toulouse.
De gros travaux ont permis la mise en exploitation de celle-ci, de multiples difficultés ont obligé les ingénieurs à revoir leurs projets. Ce n'est que vers la fin du siècle que tout est rentré dans l'ordre, après remplacement en 1879 du pont en pierre initialement construit par un pont métallique, après rechargements multiples des remblais.

L'assainissement de la barthe de Haches mis à mal par ce projet opposa les habitants de Sames et de Guiche. Un accord avec de gros travaux à la clef mis fin à ce conflit.
Une halte est créé au km 296.733, à 250 mètres du pont de la Bidouze, en direction de Bayonne. Un abri est construit en 1892, on délivre plus de 2000 billets par an dans ces années là.
(J. Garat p 141, 242, 335, 339, 458 à 480) Construction du pont de chemin de fer

L'église fait l'objet de travaux d'agrandissement
Le 25 mai 1816 le maire écrit au sous préfet de Bayonne et fait état du bâtiment qui « tombe en ruine et qu'il y aurait danger à s'y réunir ».
Plusieurs projets sont menés à bien, autour de 1830 et de 1860 (agrandissement et ajout des deux chapelles latérales).
L'édifice prend sa pleine dimenssion par l'ajout du clocher en 1895.
Les religieuses s'installent à Guiche en 1859 et dirigent l'école des filles (en particulier s'ouvre un atelier de couture et de broderie). (J. Garat p 181, 182, 183, 203, 204)

Une lente progression de l'agriculture
La polyculture et la vie en autarcie sont les règles qui régissent la plupart des exploitations.
La plus grande partie de la population « vit du travail de la terre ».
Le maïs est très largement cultivé, la vigne recouvre 237 ha en 1850.
L'élevage des chevaux bat son plein : 200 environ à la fin du siècle.
Les prairies occupent le tiers du territoire communal et on dénombre en 1882 1305 bovins et 1042 porcins.
Les fruitiers recensés en 1882 recouvrent environ 12 ha, partagés entre pommiers, poiriers, pêchers, abricotiers, pruniers et cerisiers.
Les premières batteuses ou locomobile à vapeur font leur apparition vers 1870.
(J. Garat p 145, 278, 289, 312) (J. Robert p 183 à 191)

XXe siècle (1900-1999)

Un pont sur la Bidouze

Ce début de siècle voir la suppression du bac qui assurait la traversée de la Bidouze entre Guiche et Sames. En effet, le pont métallique situé à proximité de la maison Estregrand vient d'être ouvert à la circulation. Pour mémoire, le précédent pont installé près de la maison « Taoulère » était tombé en ruines autour des années 1770. (J. Garat p 454)
Une nouvelle gare en 1912
C'est en 1912 qu'est supprimée la « Halte de Guiche ».
C'est à cette date que la nouvelle gare dite de « Sames Guiche » est inaugurée, elle est située à la limite de nos deux communes.
La baisse du trafic passagers oblige la SNCF à fermer celle-ci en 1974. Depuis cette date, un service de cars SNCF dessert notre commune.
(J. Garat p 479-480) Les deux grandes guerres 1914-1918 et 1940-1945
Comme la plupart des communes, Guiche paya un lourd tribu et nombreux furent ceux qui participèrent à ces deux conflits et qui ne revinrent pas.
Près de 40% des hommes âgés de 20 à 45 ans se trouva mobilisé dès le début de la première guerre mondiale.
A la fin de celle-ci, une grande partie des terres est à l'abandon, les terres de la barthe du Hour sont considérées comme perdues.
Pendant la deuxième guerre mondiale Guiche se trouve en zone occupée, de nombreux guichots se retrouvent prisonniers ou déportés sur le territoire allemand, des cartes de rationnement sont distribuées. (J. Garat p 242, 264)

L'arrivée de l'électricité, du téléphone et de l'eau courante

Dès 1921 quelques maisons du bourg et du port sont électrifiées. Une deuxième extension a lieu en 1926, l'ensemble des hameaux isolés se trouvent électrifiés en 1937.
Ces travaux sont financés en grande partie par la vente de terrains communaux.
De son côté, la voie ferrée est électrifiée en 1930 entraînant la mise en place d'une sous station électrique à Beauplaisir.
La poste est installée à Guiche depuis la fin du siècle précédent.
Le téléphone est l'un de ses services.
C'est à la fin des années 1970 que le réseau téléphonique couvre l'ensemble des besoins.
C'est en 1969 que le réseau de distribution de l'eau potable est constitué.
(J. Garat p 243, 480)

Les routes

En 1927 on note la présence de 4 voitures automobiles.
Ce n'est qu'à partir de 1950 que le nombre de véhicules augmente, c'est dans ces années là que sont prises les décisions de goudronner l'ensemble des nos routes communales.
A partir des années 1980 le chemin de halage qui longe l'Adour est élargi, ce qui permet le croisement des véhicules tout au long du parcours.
L'autoroute est mise en service en 1991, un mini-échangeur est crée dans le sens Guiche / Bayonne.
Le pont métallique, qui enjambe la Bidouze à hauteur de Peyreroutic, est remplacé.
(J. Garat p 242, 340, 481)

Exploitation des carrières

Les siècles précédents ont vu la mise en service de nombreuses carrières. Les principales sont :

• la carrière du Port d'Ariet
• la carrière de Gramont (là ou se trouve aujourd'hui le trinquet)
• la carrière de Beauplaisir ou Monplaisir
• la carrière du Coucut
• la carrière de la Coste de Moulian
• la carrière des Arroques

Sont extraites des pierres destinées à la construction des maisons et immeubles, à l'empierrement des routes et à alimenter des entreprises dans le domaine de la sidérurgie.
L'usine des Ciments de l'Adour au Boucau a utilisé les pierres extraites de la carrière des Arroques pour la fabrication de ses ciments de 1967 à 1993.
La carrière, réhabilitée à la suite de sa fermeture définitive, est aujourd'hui recouverte d'eau, d'où la présence du lac des Arroques. (J. Garat p 323-324, 393 à 412) (J. Robert p 48)

Inondations février 1952 Voir des photos prises le 2 février 1952.

Le départ des filles de la croix
C'est en 1964 que les dernières religieuses quittent Guiche.
Une vingtaine d'années plus tard c'est le tour du dernier curé résidant sur la commune.
La paroisse rejoint d'autres villages pour former la paroisse « Notre Dame du Chemin ».
C'est dans la deuxième moitié du XXe siècle que le cimetière est agrandi, l'ensemble des tombes restauré.
C'est également dans cette période que les cloches sont électrifiées.
La maison paroissiale fait l'objet de travaux importants dans le courant des années 1990.


Un fronton, un trinquet, un groupe scolaire, une salle des fêtes
Plusieurs constructions voient le jour au cours de ce siècle : le fronton construit en 1922, le trinquet et le groupe scolaire (avec la cantine) dans les années 1970, une salle des fêtes dans les années 80.

L'agriculture se transforme

C'est bien le domaine qui a connu le plus de transformations, avec une accentuation du changement à partir de 1960.
La mécanisation, le remembrement des terres agricoles, l'assainissement, l'utilisation des engrais et pesticides, l'apport des nouvelles techniques de culture, la spécialisation des productions, tout cela a permis une profonde mutation du monde agricole.
Une nouvelle culture apparaît : celle du kiwi.